Les minkota sont composés de matières plastique (pas du plastoc), de composite et de quelques pièces en inox (pour la version marine). J'en ai acheté un aux USA il y a 14 ans, il était prévu pour l'eau douce (donc pas d'inox), il fonctionne toujours. Pas d'entretien particulier, à part le graissage des pièces en acier, et récemment une retouche de peinture sur la dérive en alu.

La vitesse est réglable via un potentiomètre qui commande un variateur. Désespérément simple. Tout ce que j'aime.

Par expérience, nous pouvons considérer que plus le matériel est simple, plus il est fiable, plus il est facile à réparer et plus notre sécurité est renforcée. En haute mer, ce raisonnement prend toute son importance. Au bout d'un an, les potentiomètres ne souffrent pas d'oxydation, pourtant ils se sont pris des paquets d'eau salée et des douches d'eau douce. C'est vrai que je les avais bien lubrifié dès le départ, mais quand même, cela prouve que l'étanchéité des boîtiers est top. De toutes façons, j'en ai acheté d'avance chez l'électronicien du coin. Ca aussi j'aime, des pièces que l'on trouve n'importe où dans le monde.

Les variateurs sont externes, ils sont donc mieux ventilés, on peut leur ajouter une ventilation forcée si nécessaire. En cas de panne du variateur, il suffit de brancher le moteur directement sur la batterie. Attention à l'appel de courant et aux étincelles sous 24v, l'idéal serait d'avoir un sectionneur sur la ligne. évidemment on perd le contrôle de la vitesse, mais cela permet de pouvoir se sortir d'un mauvais pas, ou de rejoindre le garage le plus proche.

Le Torqeedo a un joli Design, teutonique post-néo d'avant garde. Je plaisante, les goûts et les couleurs... Mais il fait clean. En revanche, je ne le trouve pas très ergonomique, et ça me démange d'en couper des bouts, voire d'en ajouter ailleurs. Lorsque l'on est habitué aux moteurs thermiques dont le poids est situé en haut (bloc moteur), on a un peu de mal à gérer le poids qui se situe en bas (bloc moteur) des versions électriques. Les prises qui relient le boîtier de commande au moteur, à mon sens, ne sont pas adaptées. L'inox semble s'oxyder rapidement (c'est un comble), qualité ou contamination au montage ? L'alu, idem, en un mois d'usage je guette déjà l'oxydation, spécialement aux parties où l'alu et l'inox sont en contact (un peu logique), malgré les coups de dégrippant répétés. Je pense que je le démonterai quasi totalement pour graisser tout cela, avant qu'il ne se transforme en un seul bloc (attention aux têtes de vis exotiques). En l'examinant avec attention, il donne l'impression d'avoir été bricolé, genre prototype: Tantôt des pièces qui sentent le professionnalisme et la solidité, le côté germanique, tantôt des pièces qui sentent le toc et Jojo la bricole, le côté chine(toc). Un GPS est intégré pour connaître la vitesse, dommage qu'il ne donne pas la position, ça pourrait être utile. Mais comme me l'a dit un utilisateur: "ces moteurs ne sont bons que pour aller sur les étangs". Vu sous cet angle, ce n'est peut-être pas utile d'avoir la position. Par contre un rétro éclairage serait le bien venu. Car si un des avantages, du moteur électrique, est son silence, la nuit, avec le vent fort qui siffle dans les oreilles, on ne sait à quelle puissance est le moteur. On ne sait même pas s'il fonctionne, s'il est arrêté, s'il y a un message d'erreur, etc... J'ajouterai donc: pour les étangs, et de jour.

Bon, je pourrai continuer à lui trouver des défauts, par exemple la dérive qui est déjà cassée, sans jamais avoir talonné (c'est du plastoc). Pour résumer, c'est un très bon moteur, à mon avis, pas fait pour la mer, et c'est bien dommage. Il n'est pas fiable, ça c'est le truc qui tue, car c'est l'une des principales raisons qui m'ont fait opter pour l'électrique. Un moteur électrique, hors mis son système de contrôle, ne tombe quasiment jamais en panne.  Il lui faudrait peu de choses pour que le Torqeedo devienne un très bon moteur marin incontournable.


les premiers essais:
Plus de 30nds de vent de face, houle très courte, de face, de 1.50m, les 3 moteurs à mi régime, et ça avance tranquillement, mais sûrement, sans forcer.

Dans un autre registre: Un tour de la pointe Bretagne par temps très calme, batteries chargées à 50%, 15h00 à bas régime sur une distance de 35 à 40 Mn (essentiellement le Torqeedo). Cela a permis de franchir le Four avant la renverse. Heureusement que le vent à pris le relais à la tombée de la nuit, car il ne restait plus grand chose dans les batteries. Et puis le boîtier de commande commençait a avoir un mauvais contact. Et comme c'est du tout ou rien...

Autre énorme avantage, il n'y a quasi aucune limite dans les manoeuvres, du style 360° sur place. Décoller d'un quai vent de travers reste toujours délicat, surtout avec la prise au vent que représente un multi, mais légèrement facilité.

Le côté négatif de l'électrique reste l'autonomie. Au mois d'octobre les jours sont courts, donc moins de temps de recharge et soleil plus bas. En 2012, lors des essais ce même mois, le temps était bouché à 80%, donc une recharge quasi nulle. Il faudrait un chargeur et une prise de quai pour palier à cet inconvénient. Dans mon cas, naviguer au mois d'octobre ne faisait pas partie de mon programme, je n'avais pas de chargeur. Malgré tout, ce système a répondu à mes besoins, avec un peu de patience, évidemment. Durant l'été précédent, il fallait 48h00 pour recharger totalement les batteries déchargées à plus de 50%.

Ce procédé est certainement plus adapté aux bateaux lestés. On peut imaginer remplacer une partie du lest par des batteries plomb, plus économiques que les lithium. Quoique, en comparant en tenant compte de la durée de vie, la différence n'est peut-être pas si énorme que cela. Des essais sont encore à venir pour préciser et si possible chiffrer les performances.

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