Pour moi, c'est comme une révolution. Il est toujours nécessaire de descendre les moteurs car ils sont principalement en position haute. Au mouillage pour qu'ils soient protégés des chocs, en navigation, pour les mêmes raisons, et des raisons de traînées évidentes. Déjà, à ce stade, c'est plus simple et moins pénible que pour un thermique. Ensuite terminé le rituel de  la nourrice que l'on a dans les pieds, dont il faut ouvrir la prise d'air, l'essence qu'il faut éventuellement pomper pour remplir la cuve du carburateur. Plus de starter, plus de lanceur à tirer en faisant attention de ne pas envoyer un coup de poing à une personne qui passerai derrière vous. Plus besoin d'embrayer, il suffit de tourner un bouton, ou de pousser la manette des gaz. D'ailleurs, il va falloir trouver un autre mot, car il n'y a plus ni gaz, ni bruit, ni vibration. Juste le vent qui caresse le visage.

 

Les circonstances les plus difficiles pour Bluecat sont les suivantes: Vent fort, à cause du fardage qui peut rendre difficile le maintien d'un cap. Vu par le vent, Bluecat doit ressembler à un boîte à chaussure, un parallélépipède surmonté d'une grosse antenne haubanée. A cause de sa courte longueur, lorsqu'il y a de la houle, il tangue beaucoup, d'autant plus que sa vitesse est faible. Si les moteurs situés à l'arrière déjaugent, on perd de la vitesse, et peu à peu, le cap. Ce sont exactement ces conditions en ce mois d'octobre 2012 à la sortie d'Audierne. Plus de 30nds de vent de face, houle très courte, de face, d'environ 1m, 1.50m. A 7 heures du matin, il fait noir, seuls les gros paquets d'écume blanche qui explosent sur les rochers à bâbord, sont visibles. Ainsi que les vagues qui escaladent le môle, à tribord. Montées sur un skateboard, elles glissent le long du môle, font corps avec lui.  Leurs bras recourbés au-dessus du mur de pierre, leur permettent de garder l'équilibre. Les 3 moteurs à sont à mi-régime, et Bluecat avance tranquillement, mais sûrement, sans forcer. Les arbres des moteurs du tableau arrière sont très longs, et les moteurs ne déjaugent quasiment pas. Le Torqeedo, dans son puits, ne déjauge pas non plus, car il n'est environ qu'à 2 mètres en arrière de l'axe de rotation de tangage du cata. Devant tout est noir, le bateau tape parfois en redescendant derrière une vague, alors qu'une autre se présente déjà. J'aimerai bien tester avec plus de vitesse, mais je ne vois pas les vagues arriver, ne saurai pas les négocier. Et puis, elles sont trop courtes. Nous n'en sommes qu'à la moitié du trajet de sortie, va savoir ce qui nous attend plus loin. Bluecat et moi, referont d'autres tests dans de meilleurs conditions visuelles.

Après la tempête, retour au calme:  Un tour de la pointe Bretagne par temps très calme, batteries chargées à 50%, 15h00 à bas régime sur une distance de 35 à 40 Mn (essentiellement le Torqeedo). Cela a permis de franchir le Four avant la renverse. Heureusement que le vent à pris le relais à la tombée de la nuit, car il ne restait plus grand chose dans les batteries. Et puis le boîtier de commande commençait a avoir un mauvais contact. Et comme c'est du tout ou rien...

 


Autre énorme avantage, il n'y a quasi aucune limite dans les manoeuvres, du style 360° sur place. Décoller d'un quai vent de travers reste toujours délicat, surtout avec la prise au vent que représente un multi, mais légèrement facilité.

Le côté négatif de l'électrique reste l'autonomie. Au mois d'octobre les jours sont courts, donc moins de temps de recharge et soleil plus bas. En 2012, lors des essais ce même mois, le temps était bouché à 80%, donc une recharge quasi nulle. Il faudrait un chargeur et une prise de quai pour palier à cet inconvénient. Dans mon cas, naviguer au mois d'octobre ne faisait pas partie de mon programme, je n'avais pas de chargeur. Malgré tout, ce système a répondu à mes besoins, avec un peu de patience, évidemment. Durant l'été précédent, il fallait 48h00 pour recharger totalement les batteries déchargées à plus de 50%.

Ce procédé est certainement plus adapté aux bateaux lestés. On peut imaginer remplacer une partie du lest par des batteries plomb, plus économiques que les lithium. Quoique, en comparant en fonction de la durée de vie, la différence n'est peut-être pas si énorme que cela. Des essais sont encore à venir pour préciser et si possible chiffrer les performances.

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