Premier proto

Quelques semaines, et deux colis plus tard, on passe de la théorie à la pratique. Et les choses commencent à prendre forme, bien que les lacunes en théories soient encore très grandes. C'est ça, l'impatience des enfants.

Mais il faut passer par la pratique pour s'en rendre compte.

Va savoir pourquoi, sa marraine l'a baptisé Bluebird, surnommé BB. Pour l'instant, tout ce qu'il a de bleu, ce sont ses peurs.

Le premier vol de Bluebird one a été de courte durée.

D'après ce que j'avais lu, pour quelqu'un comme moi, qui n'a jamais piloté, le mode loïter, est le meilleur. L'argument publicitaire vante les mérites du GPS et du baro, qui vont faire, à votre place, tout le boulot.

Celui qui a écrit ça, a oublié de préciser qu'il fallait que tous les instruments soient calibrés et testés, avant d'appuyer sur le bouton loiter.

Là, ça n'a pris que quelques secondes; décollage nickel, il monte à 15m, et vire à gauche. J'essaie de le retenir, mais pas moyen. il se retourne en se perchant comme un oiseau qui se prend pour une souris chauve, sur des buissons, à 5m (de haut).

J'ai eu un peu plus de mal que lui à monter, et ça a pris beaucoup plus de temps. Plus de peur (bleue) que de mal, personne n'est blessé.

Au cours des essais suivants, en mode stabilize, j'ai un peu de mal à l'emmener où je veux. Mais bon, c'est la première fois que je touche une radio commande, ça peut se comprendre. Mais quand même, quand je pousse à gauche, il a tendance à partir à droite. Ok, il y a un peu de vent, mais quand même. Dans ma tête tout s'embrouille, je ne sais plus s'il faut tirer pour avancer, ou pousser pour reculer, crier hue pour aller à gauche, et dia pour aller à droite. Quand une rafale de vent l'emporte soudainement. Je tente de le retenir, de le ramener, mes efforts semblent provoquer l'effet inverse de celui désiré. La rencontre avec un tube inox fut fatale.

Je l'ai retrouvé là, suspendu au tube d'acier, sonné, comme un boxer qui se retient aux cordes du ring. Il est temps de rentrer et de soigner ses blessures.

On ne nous dit pas tout !

Depuis, j'ai appris des choses. Il s'avère que lorsque l'on programme une radio, ou, disons, les relations entre la carte de vol et la radio, certains petits lutins, n'en font qu'à leur tête. Par exemple, lorsque l'on programme un manche (une manette de la radio), pour lui dire: "quand je te penche à gauche, le volatile doit aller à gauche; et inversement."

Ben t'as les p'tits lutins de la carte, qui sont déjà mort de rire, en programmant l'inverse. Et là, ils sont pliés, lorsque ton oiseau ne fait pas du tout ce que tu lui demandé. Puis, ils se roulent sur le dos en se tapant sur le ventre, lorsque, voyant ton albatros partir à gauche, tu pousses la manette à droite pour récupérer le contrôle, ce qui empire la situation. Enfin, ils sont au bord de l'asphyxie, quand ton seigneur des airs et du ciel, se vautre à fond la caisse dans un buisson, en lâchant une volée de plumes.

Mais il y a moyen de contrer les facéties de ces lutins joueurs et moqueurs. Il faut demander à un gentil elfe de la radio, de faire l'inverse de ce qu'ordonne le lutin malin, à demi.

Une autre façon d'aborder le problème, est de passer l'oiseau au banc d'essai, avant de le lâcher dans la nature. ça lui évite d'y laisser des plumes.